À qui dois-je confier le soin de mes pieds?

À qui dois-je confier le soin de mes pieds?

Podiatre, infirmière, infirmière auxiliaire, podologue, esthéticienne, naturopathes… les choix sont nombreux lorsque l’on cherche une personne qui pourra s’occuper de nos pieds. Voici quelques pistes de solutions afin de vous aider à faire un choix éclairé.

Une bonne façon de déterminer le bon professionnel pour la bonne personne est de considérer votre besoin. Demandez-vous la raison pour laquelle vous recherchez la personne et quels sont vos attentes en lien avec le soin désiré.

Vous cherchez un soin à visée esthétique? Vous avez besoin d’une pédicure. Dans ce cas, une esthéticienne peut vous convenir.
Formation: l’esthéticienne a un diplôme de formation professionnelle (DEP). Elle a des connaissances de base sur la peau et les phanères (ongles). Elle possède également des connaissances sur l’hygiène et la prévention des infections mais elle n’est pas dans l’obligation de suivre aucune règle déterminée d’asepsie. Sa pratique n’est pas régulée par une entité tel un ordre professionnel.
Limitations: Une esthéticienne ne peut pas s’occuper d’un client diabétique ou atteint d’une insuffisance vasculaire aux jambes. Elle ne peut en aucun temps utiliser une lame (bistouri).
Coût: entre 20$ et 60$ en clinique.

Vous cherchez à soulager la douleur liée à un ongle incarné, un cors au pied (aussi appelé oeil de perdrix ou durillon), des fissures aux talons ou alors un corriger une infection fongique (mycose des ongles). Ce sont des problématiques à visée curative. Vous avez donc besoin d’un professionnel de la santé qui saura évaluer la condition de vos pieds et comprendre ce qui cause la douleur ou l’infection, traiter la problématique et mettre en place des interventions afin que la douleur ne se reproduise pas.
Quelques options s’offrent à vous:

Le podiatre est un professionnel membre de l’Ordre des Podiatres du Québec (OPQ).
Formation: universitaire (doctorat de premier cycle en médecine podiatrique). Le podiatre, un peu comme le dentiste, possède une formation dans une branche bien précise de la médecine. Il est spécialisé dans les pathologies du pied.
Avantages: le podiatre peut prescrire plusieurs médicaments et examens pour de nombreux problèmes reliés aux pieds (infections, problèmes musculo-squelettiques, déformations etc). Il peut également effectuer des chirurgies mineures (ex: onysectomie) et prescrire des orthèses. L’usage du bistouri et de méthodes plus invasives est autorisé chez le podiatre. Il se doit également de respecter des règles strictes d’aseptie et d’hygiène (dont la stérilisation des instruments).
Limitations: peu de limitations dans le domaine. Le podiatre référera un cas complexe à un médecin spécialiste au besoin.
Coût: entre 80$ et 120$ en clinique.

L‘infirmière en soins podologiques est une professionnelle doublement certifiée qui peut s’avérer une bonne alternative au lieu d’aller consulter un podiatre ou un médecin. Elle est en mesure de traiter et d’évaluer plusieurs conditions. L’infirmière est membre de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) et également membre de l’Association des infirmières et infirmiers en soin de pieds du Québec (AIISPQ). Tous deux protègent le public contre les imposteurs qui tenteraient de s’approprier le titre de façon illégale.
Formation: DEC ou BAC en soins infirmiers ET formation de 160 heures en soins podologiques dans une école reconnue par l’AIISPQ.
Avantages: l’infirmière possède un large bagage de connaissances cliniques, une formation obligatoire en soin de plaie et une formation en soin de pied. Elle est en mesure de traiter beaucoup de problématique de façon autonome, sans demander l’aide d’un médecin ou d’un podiatre. L’utilisation de la lame (bistouri) est permise. De plus, elle est dans l’obligation de suivre des règles d’hygiène et d’aseptie strictes (telle que la stérilisation des instruments).
Limitations: l’infirmière ne peut pas poser de diagnostic mais elle peut émettre une opinion clinique et référer au médecin au besoin.
Coût: entre 50 et 70$ en clinique

L‘infirmière auxiliaire en soins podologiques est membre de l’Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec (OIIAQ) et de l’AIISPQ. Elle contribue à l’évaluation clinique en collaboration avec l’infirmière et applique le plan de traitement élaboré par l’infirmière.
Formation: formation professionnelle de 3 ans (DEP) ET formation en soins podologiques de 160 heures (la même que celle des infirmières) d’une école reconnue par l’AIISPQ
Avantages: l’infirmière auxiliaire peut faire des soins podologiques à condition qu’une infirmière l’épaule lorsqu’elle a besoin d’une évaluation clinique.
Limitations: une infirmière auxiliaire ne peut pas évaluer la condition du pied ni émettre d’opinion clinique. Il est possible que sa pratique soit limitée dans certains cas plus complexes.
Coût: entre 50 et 70$ en clinique

Le podologue. Ce titre d’emploi qui n’est encadré par aucun ordre professionnel. Une association existe (Podologues affiliés du Québec) mais il n’est pas nécessaire d’y adhérer pour pratiquer. La possibilité d’y rencontrer des charlatans y devient donc plus importante. Le risque de faire affaire avec une personne peu qualifiée ne connaissant pas les règles d’hygiène et d’asepsie est plus grande. Son rôle est similaire à celui de l’esthéticienne. La prudence est de mise.
Formation: plusieurs écoles offrent des formations. Les formations sont de qualité et fiabilité variable puisque la pratique n’est pas encadrée par une loi. Il faut  donc faire des recherches pour vérifier la validité du cours suivi par le podologue.
Avantages: le coût peut être inférieur a celui d’un professionnel.
Limitations: difficile a décrire étant donné le manque d’encadrement de la pratique. Il ne peut émettre de diagnostic, ne peut pas utiliser le bistouri et n’est pas supposé traiter une personne diabétique.
Coût: très variable selon la personne.

Le naturopathe qui déclare pouvoir faire des soins podologiques. Il est préférable de faire une double vérification car la formation en naturopathie ne contient pas les savoirs nécessaires pour prodiguer ces soins. De plus, le naturopathe ne possède pas d’ordre professionnel qui régule sa profession. Une association existe (Association des naturopathes agréés du Québec). Vous remarquerez en visitant le site que celui-ci est rempli de “commanditaires” et de “partenaires” ce qui laisse de nombreux doutes quant à l’impartialité de cette association.

Méfiez vous des techniciens en soin de pieds, hygiéniste en soin de pieds. Ces titres ne sont pas de véritables professions et peuvent cacher une personne manquant de qualifications ou de savoirs. Comme pour le podologue, les écoles de formation varient et le contenu des formations n’étant pas encadré, il peut y avoir d’importantes différences dans les savoirs et les compétences acquis dans chaque école. Évidemment l’avantage principal est que le coût du soin est moindre.

N’oubliez pas que certaines personnes ne devraient jamais confier leurs pieds à une personne non qualifiée. Si vous êtes diabétique et vous avez le moindre besoin en soin de pied, consultez immédiatement un podiatre ou une infirmière afin d’éviter le risque de blessure. Même chose si vous avez un problème vasculaire (circulation) dans les jambes, si vous êtes immunodéprimé ou si vous prenez des anticoagulants.

Il est possible de vérifier la validité des permis de pratique des professionnels (podiatres, infirmière et infirmière auxiliaire) sur les sites web des ordres professionnels respectifs et également sur le site de l’AIISPQ afin de s’assurer que la personne qui prend soin de vos pieds est bien en règle. N’hésitez pas à demander les qualifications et la formation reçue par le professionnel lorsque vous contactez la personne choisie, cela vous évitera de mauvaises surprises et vous rassurera sur la compétence de votre intervenante.